Calculer son TJM freelance en 2026 : formule, exemple chiffré et erreurs à éviter
Dany G.
Analyste Stratégique
Pour calculer son TJM (taux journalier moyen) de freelance, on divise le chiffre d'affaires annuel nécessaire par le nombre de jours réellement facturables. Le chiffre d'affaires nécessaire comprend le revenu que vous voulez vous verser, vos cotisations sociales, vos frais professionnels et une marge de sécurité. Les jours facturables ne sont pas 220 mais plutôt 150 à 190 par an, une fois retirés congés, prospection, administratif et intercontrats.
Formule : TJM = (revenu net visé + frais professionnels + cotisations et impôts + marge de sécurité) ÷ jours facturables par an
En bref
| Élément | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Jours ouvrés dans l'année | Environ 250 |
| Jours facturables réalistes | 150 à 190 (souvent 15 par mois) |
| Cotisations en micro-entreprise (prestations de services BNC) | Environ un quart du chiffre d'affaires |
| Frais professionnels courants | 3 000 à 8 000 € par an |
| Marge de sécurité conseillée | 10 à 15 % |
Étape 1 : partir du revenu que vous voulez vraiment
Commencez par le revenu net annuel dont vous avez besoin, comme si vous étiez salarié. Si vous visez l'équivalent d'un salaire net de 3 500 € par mois, votre objectif est de 42 000 € par an.
Attention à la comparaison avec le salariat : un freelance n'a ni congés payés, ni mutuelle d'entreprise, ni prime, ni chômage classique, ni cotisation patronale à la retraite. Un TJM qui « paraît élevé » rapporté à un salaire journalier est souvent juste.
Étape 2 : compter les jours réellement facturables
C'est l'erreur la plus fréquente. Une année compte environ 250 jours ouvrés. Il faut en retirer :
- 5 semaines de congés : environ 25 jours ;
- la prospection et le commercial : rendez-vous, devis, réseau, contenu ;
- l'administratif : facturation, comptabilité, relances ;
- la formation et la veille ;
- les intercontrats et les imprévus (maladie, client qui décale).
Résultat : 150 à 190 jours facturables selon votre secteur et votre stabilité commerciale. Une base de 15 jours par mois (environ 170 à 180 jours sur onze mois) est une hypothèse prudente, celle qu'utilise d'ailleurs notre calculateur TauxJuste.
Étape 3 : ajouter les frais professionnels
Listez tout ce que vous payez pour exercer :
- ordinateur et matériel (amortis sur 3 ans) ;
- logiciels et abonnements ;
- assurance responsabilité civile professionnelle ;
- expert-comptable ou outil de comptabilité ;
- frais bancaires, téléphone, internet ;
- coworking, déplacements, formation.
Pour un consultant ou un développeur, 3 000 à 8 000 € par an est un ordre de grandeur courant.
Étape 4 : intégrer les cotisations et l'impôt
Le poids des prélèvements dépend de votre statut :
- Micro-entreprise (prestations de services, BNC) : les cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires, de l'ordre d'un quart (le taux a augmenté chaque année depuis 2024 ; vérifiez le taux en vigueur sur le site de l'Urssaf). L'impôt sur le revenu s'ajoute, ou le versement libératoire si vous y avez opté.
- Société (SASU, EURL) : cotisations sur la rémunération du dirigeant, impôt sur les sociétés sur le bénéfice, éventuellement dividendes. Les frais réels sont déductibles.
- Portage salarial : la règle souvent citée est qu'environ la moitié du chiffre d'affaires se retrouve en salaire net, après frais de gestion et cotisations.
Exemple chiffré : consultant en micro-entreprise
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Revenu net visé | 42 000 € |
| Frais professionnels | 5 000 € |
| Sous-total à couvrir après cotisations | 47 000 € |
| Chiffre d'affaires nécessaire avec ~26 % de cotisations (47 000 ÷ 0,74) | ≈ 63 500 € |
| Marge de sécurité 10 % | ≈ 69 900 € |
| Jours facturables | 175 |
| TJM minimum | ≈ 400 € |
En dessous de 400 € par jour, ce consultant n'atteint pas son objectif. Au-dessus, il se constitue une réserve pour les mois creux. Vérifiez aussi que le chiffre d'affaires obtenu reste sous le plafond du régime micro-entreprise ; sinon, une société devient souvent plus intéressante.
Étape 5 : confronter au marché
Le calcul donne votre plancher. Le marché donne votre plafond. Fourchettes indicatives observées en France sur les plateformes freelances, pour un profil confirmé :
| Métier | Fourchette indicative de TJM |
|---|---|
| Développeur web confirmé | 400 à 600 € |
| Développeur senior / expert technique | 550 à 800 € |
| Data / IA | 500 à 800 € |
| Consultant management / stratégie | 600 à 1 000 € et plus |
| Designer UX/UI | 350 à 550 € |
| Marketing digital / acquisition | 350 à 600 € |
| Rédacteur, community manager | 250 à 450 € |
Ces fourchettes varient fortement selon la ville, le secteur du client et votre spécialisation. Une niche (secteur ou technologie précise) permet presque toujours de viser le haut de la fourchette.
Les 6 erreurs qui font sous-évaluer son TJM
- Diviser par 220 jours au lieu de 150 à 190.
- Oublier les cotisations et raisonner en net dès le chiffre d'affaires.
- Copier le TJM d'un confrère sans tenir compte de ses frais ou de son statut.
- Baisser son prix au premier « c'est trop cher » au lieu de réduire le périmètre.
- Ne jamais augmenter : prévoyez une révision annuelle, inscrite dans le contrat (voir les clauses à vérifier dans un contrat freelance).
- Accepter des délais de paiement trop longs, qui coûtent en trésorerie.
Défendre son TJM face au client
- Parlez de résultat, pas de temps : ce que la mission rapporte ou évite au client.
- Proposez plusieurs options (essentiel, recommandé, premium) plutôt qu'un prix unique.
- Réduisez le périmètre plutôt que le prix quand le budget est serré.
- Préparez vos réponses aux objections courantes : TauxJuste génère des scripts de négociation adaptés à votre métier.
Pour trouver des clients sans brader votre prix, voir aussi nos idées de lead magnets et le SEO local pour les indépendants.
Questions fréquentes
Comment calculer son TJM freelance ?
Additionnez le revenu net annuel visé, vos frais professionnels, vos cotisations et impôts, et une marge de sécurité d'environ 10 %, puis divisez par le nombre de jours réellement facturables, généralement entre 150 et 190 par an.
Combien de jours facture un freelance par an ?
En pratique entre 150 et 190 jours, car il faut retirer des 250 jours ouvrés les congés, la prospection, l'administratif, la formation et les périodes sans mission. Une hypothèse de 15 jours par mois est prudente.
Quel TJM pour un freelance débutant ?
Le calcul de votre plancher (revenu, frais, cotisations, jours facturables) reste la référence, même en débutant. Un débutant se situe souvent dans le bas de la fourchette de son métier, mais rarement sous 300 € par jour pour un métier intellectuel qualifié en France.
Quelle différence entre TJM et taux horaire ?
Le TJM correspond à une journée de travail, généralement 7 à 8 heures. Le taux horaire s'obtient en divisant le TJM par ce nombre d'heures ; il est plutôt utilisé pour les missions courtes ou ponctuelles.
Faut-il afficher son TJM sur son site ou son profil ?
Afficher une fourchette ou un tarif « à partir de » filtre les prospects sans budget et fait gagner du temps. Le prix exact se fixe ensuite selon le périmètre de la mission.
Sources
- Taux de cotisations des micro-entrepreneurs : autoentrepreneur.urssaf.fr
- Statuts et fiscalité des indépendants : entreprendre.service-public.fr
Calculez votre TJM en 2 minutes avec TauxJuste, puis faites relire votre contrat avec Contrat Clair.